Produits

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Les Bananes Biologiques
 
Les singes préfèrent les fruits bios !
 
Les singes du zoo de Copenhague préfèrent manger des bananes et autres fruits bio, laissant de côté toute autre nourriture traditionnelle. « Pour une raison ou pour une autre, les singes choisissent les bananes cultivées biologiquement plutôt que les autres. Peut-être qu'ils arrivent instinctivement à sentir la différence et leur choix n'est absolument pas dû au hasard » a déclaré à la revue Oekologisk Jordbrug (agriculture biologique), le gardien Niels Melchiorsen, préposé à la nourriture des animaux. « Les chimpanzés sont notamment capables de discerner le bio du conventionnel. Si on leur offre des bananes bio et traditionnelles, ils prennent systématiquement les bananes écologiques qu'ils mangent avec la peau » a-t-il souligné. « Ils épluchent en revanche les bananes classiques avant de les manger ». Le zoo de Copenhague aspire à donner 33% de produits alimentaires bios à ses pensionnaires en 2005.
Source : L'Actualité, 15 juin 2004
 
Bananes Conventionnelles : Santé des travailleurs
 
Dans l’agriculture industrielle chaque régime de banane est recouvert d’un sac de plastique imprégné de pesticides, certains producteurs lavent les sacs afin de les réutiliser ou de les transformer en «corbatines» revendues ensuite à d’autres. Ce « recyclage » est généralement opéré par les femmes au foyer, en présence d’enfants parce que c’est pour elles une source de revenus complémentaire.
 
Dans tous les pays producteurs de bananes, le risque environnemental les plus important est lié aux fumigations aériennes dont les retombées dépassent largement les limites des bananeraies, affectant les zones habitées, les écoles, les maisons individuelles et les autres cultures. Il est indispensable à ce propos de rappeler que alors que 50 à 60 cycles de fumigation annuelle sont nécessaires au Costa Rica, on en opère que la moitié en Equateur.
 
Facultad Nacional de Salud Pública, Universidad de Antioquia -CORPOURABA.Estudio de Impacto Ambiental por uso de agroquímicos en la Zona de Urabá-Eje Bananero. Medellín.1999. (Etude de l.Impact des produits agrochimiques surl’.Environnement dans la Zone d.Urabá-Axe Bananier)
 
Les fumigations, qu’elles soient aériennes ou par pulvérisateur se font dans la plupart des pays producteurs au moment où les ouvriers agricoles travaillent dans la plantation. Les effets sont inévitables. De plus en plus d’études font aussi cas de maladies dermatologiques, de troubles neurologiques et d’autres problèmes de santé, comme par exemple les lombalgies, liés à la surcharge physique du travail. De nouvelles techniques permettent maintenant de démontrer que les ouvriers sont clairement exposés aux pesticides. Nous connaitrons leurs effets négatifs d.ici quelques années, si rien est fait pour y mettre un terme. Des études cancérologiques démontrent également maintenant que certaines tumeurs sont plus fréquentes chez les ouvriers agricoles des bananeraies. La triste expérience du Nemagón (DiBromoChloroProprane), un nématicide qui a rendu stériles d’innombrables travailleurs des plantations, n.est toujours pas réglée. La Standard Fruit (Dole) et les compagnies qui ont produit et commercialisé ce nématicide dont elles connaissaient les dangers ne les ont toujours pas indemnisés. Les populations qui habitent aux alentours des plantations de bananes sont aussi affectées par la pollution. Les chercheurs ont trouvé des produits chimiques, les mêmes que ceux qui sont pulvérisés sur les bananeraies, dans les maisons individuelles, les écoles et les cours de récréation.
                                    Raul Harari, Corporation pour le Développement de la Production et de l’Environnement du Travail ( IFA)
 
Dans certaines plantations, la fumigation aérienne ou par pulvérisateur est systématique, même si les travailleurs sont présents ou s’ils reviennent avant le laps de temps permis. En Equateur, elles ont lieu lors du repas des ouvriers qui doivent demeurer pour ce faire à leur poste de travail. De même, dans les stations d’emballage, ce n.est pas seulement le maniement des sacs qui comporte un danger pour les ouvrières (un sac contient 1% de chlorpyrifos) mais aussi le contact quotidien avec les «corbatines», parfois également imprégnées de pesticides.
 
Bananes Conventionnelles : Exploitation de la Main d’œuvre
 
En Équateur où l’industrie emploi directement 250 000 travailleurs, le salaire mensuel d’un employé sur une plantation de banane est environ de 120$ par mois : soit 4,56$ par jour.¹
                                                Annexe- superficies, rendement, et salaires moyens dans les pays producteurs, www.ibc2.org
 
En Equateur, les obligations légales simples, telles l’élaboration et la présentation d’un règlement sur la sécurité et l’hygiène au sein de la compagnie ou le respect des mesures préconisées par les comités paritaires sont rarement mis en œuvre sur les plantations. En 2003, sur 6.200 producteurs, dont 200 grandes compagnies, seuls huit appliquaient les réglementations en vigueur du Ministère du Travail. Il n’existe aucun programme, ni aucune action au niveau national visant à appliquer les législations existantes, que ce soient celles du Ministère du Travail, de la Santé, de l’Environnement ou de la Sécurité Sociale (qui, soit dit en passant, sont aussi responsables). On peut invoquer beaucoup de circonstances atténuantes, telles le manque de personnel, la limitation des moyens techniques et même le manque de motivation. Le fait est, cependant, qu.il y a dans ce pays une absence de volonté politique, alors même qu.il y a des législations.
 
La banane et la femme
 
Dans toute la région, les compagnies bananières licencient les ouvrières employées au conditionnement pour les remplacer par des ex-chômeurs de plus en plus nombreux. Les hommes ne tombent pas enceintes et reviennent donc moins chers !
Source : Banana Link, Octobre 2004
 
Bananes et politiques antisyndicales
 
            - Migration des multinationales
«  Les tentatives d’organisation des syndicats ont provoqué le déplacement de la production vers des zones non syndicalisées, dans lesquelles toute tentative d'organisation est fortement réprimée. Ceci s’est produit tout particulièrement dans les plantations nationalisées, telles celles situées dans la zone Pacifique Sud du Guatemala. Dans ces plantations, les ouvriers agricoles travaillent de 14 à 16 heures par jour, leurs heures supplémentaires ne sont pas rémunérées et ils ne bénéficient d’aucune rémunération supplémentaire s’ils travaillent les jours fériés et le dimanche. La distance entre leur logement et leur lieu de travail les obligent de plus souvent à se lever à 3 heures du matin et à ne rentrer chez eux qu’après 10 heures le soir. »
 
Le point de vue de COLSIBA, Coordination des syndicats des ouvriers agricoles en Amérique Latine
 
-          Sous-traitance
Ces dernières années, les pressions sur la main d’œuvre directement et indirectement employée dans les plantations ont été très fortes. Par exemple, au Costa Rica entre 1999 et 2002, les salaires ont diminué de 40% et la majorité des travailleurs sont actuellement employés par des entreprises de sous-traitants et non plus pas les compagnies directement. « L ‘emploi indirect donne aux compagnies plus de flexibilité pour réagir à une demande fluctuante, mais il est aussi utilisé parce qu.il permet de réduire l’influence des syndicats. En Equateur, selon la législation en vigueur, un syndicat ne peut être mis en place que dans les entreprises qui emploient plus de 30 travailleurs. Les compagnies bananières n.ont pas été longues à exploiter cette situation : en répression aux manifestations de ses ouvriers agricoles, Noboa a généralisé le recours aux entreprises contractuelles de main d’œuvre dans ses plantations d’Equateur, qui sont passées de 3 en 2002 à 25 en 2003*, de manière à ce que chaque sous-traitant n’engage pas plus de 30 ouvriers ! » 
 
Fenacle : Federación Nacional de Trabajadores Agroindustriales, Campesinos e Indígenas Libres del Ecuador, Guayaquil, mai 03.
 
Bananes Conventionnelles : Environnement
 
            -Agriculture intensive
Les pesticides employés par les compagnies sont variés. Leurs effets sont généralement connus et c’est pour cette raison qu.il est important d’expliquer comment ils affectent l’environnement dans la production bananière.
 
Pendant la période d’établissement, les bananeraies occupent de vastes étendues de terre et détruisent tous les écosystèmes intermédiaires et tous les autres types de cultures. Le défrichage, la fertilisation, le labourage des sols et la culture de la plante proprement dite ont tous de fortes conséquences sur les écosystèmes avoisinants dont des pans entiers disparaissent en quelques semaines.
 
La monoculture fait le reste : elle élimine les concurrents biologiques et stérilise le sol. La délocalisation des bananeraies des provinces de Esmeraldas et Santo Domingo à Guayas, El Oro et Los Ríos a laissé derrière elles des hectares de terre totalement stériles où il n.est plus possible de cultiver d’autres produits, en raison de l’état des sols et du coût élevé de son éventuelle restauration pour le nouveau producteur ou investisseur. L’ananas, qui a remplacé la banane dans certaines plantations, est l’une des rares cultures qui puisse pousser après coup. Ces problèmes ne sont pas des problèmes passés. Ils se reproduisent à chaque délocalisation des compagnies. On a besoin de plus d’informations sur la manière dont le Guatemala, le Panamá et l’Equateur gèrent actuellement l’addition de plus de 20.000 hectares de plantations. L’énorme consommation d.eau entraîne une déviation des cours d.eau et constitue un danger croissant pour les populations qui, en aval, l’utilise pour leur propre consommation, le lavage du linge, la préparation des aliments ou l’hygiène personnelle.
 
            - Destruction des forêts
En Equateur, l’avancée des zones de cultures sur la côte et sur les versants des chaînes montagneuses se fait de manière très agressive. Les montagnes souffrent de l’érosion et la sédimentation croissante entraîne la sécheresse, qui à son tour contribue à l’altération du lit des rivières.
 
La région bananière de l’Equateur comprend une forêt de feuillus permanente qui est un écosystème de végétation arborée de plus de 30 mètres de hauteur, de la famille des Arécacées, des Moracées, des Méliacées, des Lauracées et des Fabacées. La plus grande partie des plantations se trouvent dans ce secteur. La partie nord de la forêt a été complètement dévastée.
 
Manglares-Churute est une réserve écologique (de 35.042 hectares) située en aval du Río Guayas dans la partie centrale de la forêt qui survit encore aujourd.hui. La partie sud a également disparue. La forêt située au pied des collines a une végétation arborée plus dispersée, dont les arbres ne font pas plus de 20 mètres de hauteur, et une couche herbacée très dense sans graminées. A part quelques rares zones isolées, la majeure partie de tout ceci a disparu. La forêt du somment des montagnes (Mountain Cloud Forest), le haut plateau désertique de Pasaje et le maquis de El Guabo ont eux aussi disparu.
 
Les Mangroves du Machala ont été détruites par l’industrie des crevettes et à 30% par les compagnies bananières. (1)
 
UNEP. United Nations Environment Program. Integrated Assessment of Trade Liberalization and Trade-Related Policies. A Country Study on the Ecuador Banana Sector. United Nations. New York and Geneva. 2002.
 
- Plastique
En Équateur, le volume des déchets plastiques s’élève environ à 12.581 tonnes de plastique par an, dont 9.340 tonnes proviennent des plantations des grandes compagnies, 2.447 des plantations moyennes « semi technicisées » et 793 de petites parcelles. (« )
 
UNEP. United Nations Environment Program. Integrated Assessment of Trade Liberalization and Trade-Related Policies. A Country Study on the Ecuador Banana Sector. United Nations. New York and Geneva. 2002